Cahier des Charges Agence LinkedIn : le Modèle Complet à Copier-Coller en 2026
Le document de brief pour sélectionner votre future agence LinkedIn sans y laisser 6 mois de visibilité et 20 000 euros de budget
Rédaction : Fabien Peduzzi | 22 min de lecture | Agence LinkedIn, Cahier des Charges, Appel d’Offre
Un dirigeant industriel dans le Maine-et-Loire m’a envoyé un message en février 2026. « J’ai reçu trois propositions commerciales d’agences LinkedIn. Elles sont incomparables. L’une propose 12 posts par mois à 1 800 euros, l’autre 8 posts à 3 200 euros, la troisième un accompagnement global sans volume précis à 2 500 euros. Je ne sais pas laquelle choisir. »
Le problème n’était pas les propositions. C’était l’absence de brief commun. Les trois agences avaient répondu à trois versions différentes du même besoin, avec trois logiques de pricing, trois périmètres et trois livrables. La comparaison était impossible.
Ce scénario est la règle. La plupart des dirigeants qui consultent des agences LinkedIn ne rédigent aucun cahier des charges. Ils décrivent leur besoin à l’oral en 15 minutes, laissent chaque agence construire sa proposition selon ses propres critères, puis essaient de comparer des offres qui ne sont pas comparables.
Chez CopyLinker, on accompagne une vingtaine de dirigeants B2B sur leur présence LinkedIn. Une partie sont passés par une ou deux agences avant de nous rejoindre. À chaque fois, la même faille. Un brief flou au départ, qui a produit un décalage entre les attentes du dirigeant et la livraison réelle de l’agence.
Ce guide propose un modèle complet de cahier des charges agence LinkedIn. Chaque section est expliquée dans le corps de l’article, puis reprise dans un bloc final prêt à copier-coller. À la fin, vous avez un document de 3 à 5 pages qui peut être envoyé à 3 ou 5 agences en appel d’offre, avec la garantie de recevoir des propositions comparables.
Si vous consultez actuellement plusieurs agences, gardez cet article ouvert pendant que vous rédigez votre brief.
1. Pourquoi 80% des dirigeants signent sans cahier des charges
Rédiger un cahier des charges demande 2 à 4 heures de travail. Entre la réflexion initiale, la formalisation des objectifs, la définition du périmètre et la mise en page finale, on parle d’une demi-journée. Pour un dirigeant qui a déjà 50 sujets sur son bureau, cette demi-journée passe rarement avant la signature.
Le problème, c’est que cette demi-journée évite des pertes bien plus importantes. Un accompagnement LinkedIn qui échoue au bout de 6 mois, c’est 12 000 à 20 000 euros de budget perdus, 6 mois de visibilité sacrifiés, et souvent une lassitude qui pousse le dirigeant à abandonner LinkedIn pendant un an ou deux. Le ratio entre 4 heures de brief et 18 mois de perte potentielle est sans appel.
Le cahier des charges n’est pas une formalité administrative
Beaucoup de dirigeants associent le mot « cahier des charges » à du formalisme lourd. Des documents de 30 pages pour les marchés publics. Des grilles Excel complexes. Ce n’est pas ce dont on parle ici.
Le cahier des charges pour une agence LinkedIn tient en 3 à 5 pages. Il couvre sept sections précises, chacune courte. L’objectif n’est pas de cocher des cases réglementaires. Il est de forcer le dirigeant à clarifier ses propres attentes, avant de les confronter aux propositions des agences.
Les trois effets d’un cahier des charges bien rédigé
Le premier effet est la comparabilité des offres. Quand trois agences répondent au même brief, elles proposent des volumes, des périmètres et des tarifs qui peuvent se comparer ligne à ligne. Sans brief commun, chaque agence répond à sa propre interprétation du besoin, et la comparaison devient impossible.
Le deuxième effet est la qualité du filtre. Les agences sérieuses aiment recevoir un cahier des charges. Il leur permet de construire une proposition pertinente. Les agences qui improvisent détestent les briefs écrits. Elles préfèrent les rendez-vous de 30 minutes où elles peuvent vendre sur la parole. Envoyer un brief écrit filtre déjà une partie du marché.
Le troisième effet est l’ancrage contractuel. Les engagements pris par l’agence au moment de la réponse au cahier des charges servent ensuite de base au contrat. Un volume de posts, un délai de validation, un format de reporting. Tout ce qui est écrit dans le brief peut être rappelé si la livraison dérive.
Les sept sections d’un cahier des charges LinkedIn
Un cahier des charges agence LinkedIn efficace couvre sept sections. Le contexte business. Les objectifs mesurables. Le périmètre et les livrables. Les KPI et le reporting. Le budget et les modalités. Les critères de sélection. Le contrat et les clauses sensibles.
Chaque section fait 10 à 20 lignes. Aucune ne doit déborder sur 2 pages. L’ensemble tient dans un document de 3 à 5 pages, envoyable par mail en PDF ou en Notion partagé. Les sections qui suivent détaillent chaque bloc une à une.
2. Section CDC 1 : contexte business et enjeux
La première section du cahier des charges plante le décor. Elle présente votre entreprise, votre marché, votre positionnement et la raison pour laquelle vous consultez une agence LinkedIn maintenant. C’est la section que les agences lisent en premier pour décider si elles vont répondre ou pas.
Présenter l’entreprise en 10 lignes maximum
L’agence a besoin de comprendre ce que vous faites, à qui vous le vendez, et depuis combien de temps. Les informations utiles sont le secteur d’activité, la taille (chiffre d’affaires ou effectif), la zone géographique d’intervention, le type de clients finaux (B2B, B2C, mixte), et l’ancienneté de l’entreprise.
Pas besoin de rentrer dans le détail des produits. Une dizaine de lignes suffisent. L’objectif est que l’agence puisse situer votre activité dans son écosystème et évaluer si elle a déjà accompagné des profils similaires.
Expliquer pourquoi LinkedIn maintenant
Beaucoup de dirigeants consultent une agence LinkedIn sans avoir clarifié ce qui a déclenché la démarche. Un nouveau produit, une phase de recrutement, une concurrence qui prend de la visibilité, une levée de fonds, une volonté personnelle de se positionner comme référent sectoriel. Chacun de ces déclencheurs change la réponse de l’agence.
Écrire en 3 à 5 lignes ce qui vous pousse à agir maintenant oriente immédiatement la proposition. Une agence qui sait que vous visez un rachat d’ici 18 mois ne va pas proposer la même stratégie qu’à un dirigeant qui veut simplement générer des leads.
Décrire votre présence LinkedIn actuelle
L’agence a besoin de savoir d’où vous partez. Votre profil personnel est-il à jour ? Publiez-vous déjà ? À quelle fréquence ? Avec quels résultats approximatifs ? Avez-vous déjà travaillé avec une agence ou un freelance LinkedIn par le passé ? Si oui, qu’est-ce qui n’a pas marché ?
Cette transparence sur l’historique évite que l’agence répète les erreurs passées. Elle permet aussi à l’agence d’estimer le travail de reprise nécessaire sur votre profil et votre ligne éditoriale.
Lister les contraintes non négociables
Certains dirigeants ont des contraintes qu’il faut poser dès le brief. Confidentialité sur certains dossiers clients. Interdiction de parler politique. Validation obligatoire par le service juridique pour les secteurs régulés (santé, finance, défense). Mention interdite de concurrents ou de partenaires.
Poser ces contraintes dans le cahier des charges évite des frictions en cours de contrat. Les agences qui n’acceptent pas ces règles se désistent tout de suite. Celles qui restent savent à quoi s’engager.
3. Section CDC 2 : objectifs mesurables et cible
La deuxième section du cahier des charges traduit les enjeux business en objectifs mesurables. C’est la section la plus structurante. Sans objectifs clairs, aucune agence ne peut construire une proposition cohérente.
Choisir 2 ou 3 objectifs primaires
La plupart des dirigeants listent 6 ou 8 objectifs quand on leur demande ce qu’ils attendent de LinkedIn. Génération de leads, notoriété sectorielle, recrutement, fidélisation clients, positionnement expert, attractivité employeur, visibilité auprès des investisseurs. Cette accumulation tue la stratégie.
Un cahier des charges sérieux sélectionne 2 ou 3 objectifs primaires. Ceux qui comptent vraiment sur les 12 prochains mois. Les autres peuvent rester en objectifs secondaires, mais ils ne doivent pas orienter la production.
Si vous priorisez la génération de leads, la ligne éditoriale sera orientée contenu expert et signaux d’autorité. Si vous priorisez le recrutement, elle sera orientée culture d’entreprise et vie interne. Si vous priorisez la revente dans 2 ans, elle sera orientée chiffres, trajectoire et rayonnement sectoriel. Les trois demandent des approches différentes.
Transformer chaque objectif en cible chiffrée
Un objectif sans chiffre ne sert à rien. Il permet à tout le monde de se raconter une histoire à 12 mois. Un objectif chiffré force l’agence à s’engager sur un résultat quantifiable.
Les bons chiffres à poser sont des cibles sur 12 mois. Passer de 3 000 à 8 000 abonnés. Générer 30 à 50 demandes entrantes qualifiées. Obtenir 10 rendez-vous mensuels en provenance de LinkedIn à la fin de la période. Publier 120 à 150 posts sur l’année. Être identifié comme voix de référence par 5 à 10 prospects stratégiques listés nommément.
Ces chiffres restent des cibles, pas des garanties. Les agences sérieuses refusent d’ailleurs de s’engager contractuellement sur des résultats précis, parce que la performance LinkedIn dépend aussi de la qualité de la matière apportée par le dirigeant. En revanche, elles peuvent s’engager sur les moyens mis en œuvre pour atteindre ces cibles.
Décrire la cible avec précision
L’agence a besoin de savoir qui doit voir vos publications. Cette précision oriente le choix des sujets, des formats et des angles éditoriaux.
La cible idéale est décrite en 3 niveaux. Le niveau sectoriel (par exemple dirigeants de PME industrielles, 50 à 200 salariés, France). Le niveau fonctionnel (par exemple directeurs achats dans l’automobile). Le niveau nominatif (une liste de 20 à 50 comptes stratégiques dont vous voulez rentrer dans le radar). Plus cette cible est précise, plus l’agence peut calibrer la ligne éditoriale.
Définir les objectifs secondaires acceptés
Au-delà des 2 ou 3 objectifs primaires, certains objectifs secondaires restent bienvenus sans être prioritaires. Notoriété générale, recrutement opportuniste, lien avec d’autres canaux marketing. Les poser dans le cahier des charges évite que l’agence s’interdise de publier des contenus qui servent ces objectifs quand l’occasion se présente.
4. Section CDC 3 : périmètre et livrables attendus
La troisième section du cahier des charges liste ce que l’agence doit produire. C’est la section qui génère le plus de malentendus si elle est floue, parce que chaque agence a sa propre définition du « tout inclus ».
Préciser le volume de publications
Le cœur du périmètre est le nombre de publications par mois. Les options courantes vont de 4 posts par mois (fréquence basse) à 20 posts par mois (fréquence haute). La moyenne des accompagnements sérieux se situe entre 8 et 12 posts par mois.
Le volume ne suffit pas. Il faut préciser les formats attendus. Posts texte courts (500 à 1 500 caractères). Posts longs (1 500 à 3 000 caractères). Carrousels PDF. Sondages. Vidéos. Chaque format demande un temps de production différent, et les tarifs varient en conséquence.
Un périmètre lisible pourrait être formulé comme suit. 10 posts par mois au total, dont 6 posts texte, 2 carrousels et 2 posts courts en relais (sondage, recommandation, commentaire sur une actualité).
Lister les livrables annexes
Au-delà des posts, une agence LinkedIn produit d’autres livrables qu’il faut préciser. Optimisation du profil au démarrage (bannière, titre, résumé, sélection). Ligne éditoriale formalisée dans un document. Calendrier éditorial trimestriel. Suivi des commentaires et des messages entrants.
Certaines agences incluent ces livrables dans le forfait. D’autres les facturent à part. Si le cahier des charges liste explicitement ce qui est attendu, les propositions deviennent comparables.
Définir le workflow de captation et de validation
Le workflow est aussi un livrable. Il indique comment la matière du dirigeant arrive à l’agence, et comment les posts reviennent pour validation.
La matière peut être captée par interviews hebdomadaires (30 à 60 minutes), par vocaux WhatsApp envoyés au fil de l’eau, par un questionnaire écrit mensuel, ou par un mélange des trois. La validation peut passer par Notion, Trello, Google Sheets, un outil propriétaire de l’agence, ou simplement par mail. Préciser vos préférences dans le cahier des charges oriente la proposition.
Le tableau des périmètres types
Voici un tableau qui résume les trois niveaux de périmètre les plus courants sur le marché français en 2026. Il permet de vous positionner rapidement sur la fourchette qui correspond à vos besoins.
| Niveau de périmètre | Volume mensuel | Livrables inclus | Budget indicatif |
|---|---|---|---|
| Starter | 4 à 6 posts | Posts texte + profil au lancement, reporting trimestriel | 1 200 à 1 800 euros HT / mois |
| Standard | 8 à 12 posts | Posts texte + carrousels, ligne éditoriale, reporting mensuel, 1 interview par semaine | 1 800 à 3 200 euros HT / mois |
| Premium | 12 à 20 posts | Tous formats + vidéos, stratégie sur mesure, reporting mensuel enrichi, social selling | 3 200 à 6 000 euros HT / mois |
Ces fourchettes restent indicatives. Elles varient selon la séniorité des équipes, la spécialisation sectorielle et la localisation géographique de l’agence. Elles servent à orienter votre budget de référence avant de lancer la consultation.
Préciser ce qui est hors périmètre
Le hors périmètre est aussi important que le périmètre. Si votre cahier des charges ne mentionne pas que la gestion d’une page entreprise, la prospection automatisée, ou la modération des commentaires ne fait pas partie du besoin, certaines agences vont ajouter ces lignes dans leur proposition et gonfler leur tarif. Indiquer explicitement ce qui est hors sujet simplifie la lecture.
5. Section CDC 4 : KPI, reporting et cadence
La quatrième section du cahier des charges couvre la mesure. Quels indicateurs vont être suivis, à quelle fréquence, et sous quel format. C’est la section qui permet, 6 mois plus tard, de dire si l’accompagnement marche ou pas.
Distinguer les KPI de vanité et les KPI de fond
Les KPI de vanité sont ceux qui brillent dans les rapports sans refléter la performance business. Nombre de vues cumulées. Nombre de likes totaux. Nombre d’abonnés gagnés. Ces chiffres sont utiles, mais ils ne disent rien sur le retour sur investissement réel.
Les KPI de fond mesurent ce qui compte pour l’entreprise. Nombre de messages privés entrants qualifiés. Nombre de prospects stratégiques qui ont interagi avec les publications. Nombre de rendez-vous générés depuis LinkedIn. Taux de transformation sur les demandes entrantes. Coût d’acquisition par lead LinkedIn.
Un cahier des charges sérieux demande les deux types de KPI. Les KPI de vanité pour suivre la visibilité globale. Les KPI de fond pour évaluer la rentabilité.
Fixer la cadence du reporting
Les cadences courantes sont le reporting mensuel (le plus fréquent), le reporting trimestriel (plus stratégique), et le reporting hebdomadaire (pour les phases de lancement). Certaines agences proposent aussi un dashboard accessible en continu.
Le cahier des charges doit préciser la cadence attendue et le format livré. PDF synthétique. Dashboard Looker Studio ou Metricool. Présentation commentée en visio. Chaque format a ses avantages. Le PDF est rapide à lire. Le dashboard permet l’analyse en temps réel. La visio force l’échange stratégique.
Poser les engagements de performance
Rares sont les agences qui s’engagent contractuellement sur des résultats. La performance LinkedIn dépend trop de facteurs qui échappent à l’agence (qualité des interviews, actualité du secteur, rythme de publication du dirigeant).
En revanche, elles peuvent s’engager sur les moyens. Nombre de posts publiés chaque mois. Délai de validation garanti. Présence d’une interview hebdomadaire. Rendu d’un reporting mensuel avant le 10 du mois suivant. Ces engagements de moyens sont contractualisables, et ils doivent apparaître dans le cahier des charges.
Prévoir les points de bilan
Au-delà du reporting récurrent, le cahier des charges doit prévoir des points de bilan à 3, 6 et 12 mois. Ces bilans ne sont pas de simples reportings enrichis. Ce sont des rendez-vous stratégiques où les deux parties se posent des questions de fond. La trajectoire est-elle bonne ? Les objectifs restent-ils pertinents ? Faut-il ajuster la ligne éditoriale ?
Prévoir ces bilans dès le brief évite qu’ils soient oubliés en cours d’année. Ils servent aussi de points de sortie potentiels pour le dirigeant si la collaboration dérive.
6. Section CDC 5 : budget, modalités et calendrier
La cinquième section pose le cadre financier et temporel. Elle permet à l’agence de calibrer sa proposition sans perdre de temps à présenter une offre hors budget, et au dirigeant de comparer des devis alignés sur ses contraintes.
Afficher ou non le budget cible
Deux écoles s’affrontent ici. Celle qui consiste à cacher le budget pour voir ce que proposent les agences, et celle qui consiste à le communiquer pour gagner du temps.
L’expérience de la plupart des dirigeants va dans le sens de la transparence. Communiquer une fourchette budgétaire (par exemple 2 000 à 3 000 euros HT par mois) oriente les agences vers la bonne gamme de service et évite de recevoir des propositions inadaptées. Certaines agences n’hésitent d’ailleurs pas à refuser de répondre si le budget n’est pas précisé dans le brief.
Une alternative consiste à indiquer une fourchette large (par exemple 1 500 à 4 000 euros) plutôt qu’un chiffre précis. Cela laisse à l’agence la latitude de proposer le périmètre le plus pertinent dans la zone, sans révéler le vrai maximum acceptable.
Préciser les modalités de paiement souhaitées
La plupart des agences LinkedIn facturent mensuellement, en début de mois. Certaines demandent un acompte à la signature (10% à 30% du montant annuel). D’autres proposent des forfaits trimestriels ou annuels payables d’avance avec une remise.
Si vous avez des contraintes de trésorerie ou des cycles de facturation particuliers, il vaut mieux les indiquer dans le cahier des charges. Cela évite les négociations tardives qui peuvent crisper la relation avant même le démarrage.
Fixer le calendrier de la consultation
Une consultation d’agences LinkedIn dure entre 3 et 6 semaines si elle est bien menée. Plus courte, le dirigeant n’a pas le temps d’évaluer sérieusement les propositions. Plus longue, les agences sérieuses se lassent et répondent tièdement.
Le calendrier à poser dans le cahier des charges comprend la date limite de réponse (généralement 2 à 3 semaines après l’envoi), les dates de rendez-vous de présentation orale (pour les agences shortlistées), la date de décision finale, et la date de démarrage souhaitée. Un exemple lisible. Envoi du brief le 15 mars. Réponses attendues avant le 5 avril. Rendez-vous de présentation du 10 au 20 avril. Décision le 25 avril. Démarrage le 15 mai.
Poser le cadre du démarrage
Un démarrage d’accompagnement LinkedIn demande 3 à 6 semaines de ramp-up. Audit du profil, définition de la ligne éditoriale, premières interviews, calibrage de la voix éditoriale, rédaction des premiers posts, validations, ajustements. Les premières publications partent en général entre la semaine 3 et la semaine 6 après la signature.
Indiquer ce délai dans le cahier des charges aligne les attentes. Un dirigeant qui pense voir sortir 10 posts dès la première semaine va être déçu. Un dirigeant qui sait qu’il faut 4 à 6 semaines avant le rythme de croisière comprend que la première facture ne produira pas encore de résultats visibles.
7. Section CDC 6 : critères de sélection de l’agence
La sixième section liste les critères qui guideront votre décision. Elle sert deux fonctions. Elle oblige le dirigeant à hiérarchiser ses priorités. Elle informe les agences de ce qui va peser dans l’évaluation, pour qu’elles mettent en avant les bons arguments dans leur proposition.
Choisir entre 6 et 8 critères maximum
Trop de critères tuent la décision. Un cahier des charges qui liste 15 critères d’évaluation finit par ne rien discriminer. À l’inverse, 3 critères ne permettent pas une évaluation assez riche. La zone efficace se situe entre 6 et 8 critères.
Les critères courants sont la compréhension du secteur, la qualité des références présentées, la séniorité de l’équipe qui travaillera, la méthode de captation de la voix, le format et la fréquence du reporting, la transparence sur les tarifs, la clarté des clauses contractuelles, et la qualité du premier échange humain.
Pondérer chaque critère
Tous les critères n’ont pas le même poids. Le cahier des charges gagne en clarté s’il attribue une pondération à chaque critère, en pourcentage ou en coefficient (sur 5 ou sur 10).
Un exemple de pondération cohérent pour une PME B2B industrielle. Compréhension du secteur 25%. Méthode de captation 20%. Qualité des références 15%. Séniorité de l’équipe 15%. Reporting 10%. Transparence tarifaire 10%. Feeling humain 5%.
Cette pondération n’est pas rigide. Elle sert de boussole pendant la phase de choix, pour éviter que le dirigeant se laisse emporter par un seul argument (la prestance du commercial, un nom de client prestigieux) au détriment d’autres critères plus structurants.
Préciser les exigences en matière de références
Beaucoup d’agences affichent des portefeuilles clients impressionnants sur leur site. Une partie de ces clients sont actifs. Une autre partie sont des anciens clients. Certains n’ont jamais vraiment été accompagnés en profondeur.
Le cahier des charges peut préciser les exigences. Deux références clients actifs depuis plus de 12 mois, acceptant un contact téléphonique direct. Trois exemples de profils accompagnés dans un secteur proche du vôtre. Un compte-rendu de performance anonymisé sur un client comparable.
Ces demandes filtrent. Les agences qui ont peu de clients actifs ou qui produisent des résultats décevants ne pourront pas les fournir sans difficulté.
Inclure les critères humains
Au-delà des critères techniques, le feeling humain compte. Vous allez passer une heure par semaine en interview avec quelqu’un de l’agence pendant 12 mois. Si le courant ne passe pas, la matière ne va pas sortir.
Il est légitime d’inclure ce critère dans le cahier des charges, même s’il ne peut pas être évalué avant le rendez-vous. Indiquer qu’il compte prévient les agences qu’elles doivent envoyer le bon interlocuteur au rendez-vous de présentation, et pas seulement le commercial le plus convaincant.
8. Section CDC 7 : contrat et clauses sensibles
La septième et dernière section du cahier des charges anticipe le contrat. Elle liste les clauses qui devront figurer dans la convention signée, et qui sont souvent oubliées quand le contrat est rédigé en urgence.
Fixer la durée initiale et les conditions de sortie
Les contrats d’agence LinkedIn vont de 3 mois (trop court) à 24 mois (trop long). La durée qui fonctionne le mieux est 12 mois, avec un point de bilan à 6 mois et une tacite reconduction annuelle.
La condition de sortie en cours de contrat doit être explicite. Un préavis de 30 jours en cas de manquement caractérisé (non-respect du volume, qualité inacceptable, non-tenue du reporting). Un préavis de 2 à 3 mois pour une sortie sans motif, négociée à l’amiable. Ces clauses doivent figurer dans le cahier des charges pour que les agences en tiennent compte dans leur proposition.
Clarifier la propriété des contenus
Les posts produits par l’agence vous appartiennent-ils ? Cette question n’est pas triviale. Certaines agences considèrent que les contenus leur appartiennent et qu’ils peuvent les réutiliser (anonymisés) dans leurs exemples commerciaux. D’autres transfèrent la propriété intégrale au client dès la publication.
Le cahier des charges doit poser la règle. Les posts publiés sur votre profil sont votre propriété intellectuelle. L’agence n’a pas le droit de les réutiliser sans votre accord écrit. Les photos, vidéos et éléments graphiques produits dans le cadre de la mission vous appartiennent aussi.
Anticiper la clause de confidentialité
Les accompagnements LinkedIn exposent l’agence à des informations stratégiques. Dossiers clients, projets en cours, tensions internes, arbitrages financiers. Ces informations doivent rester confidentielles.
Une clause de confidentialité standard couvre cette exigence. Elle interdit à l’agence de partager toute information recueillie dans le cadre de la mission, pendant la durée du contrat et pour une période de 3 à 5 ans après la fin. Cette clause doit apparaître dans le cahier des charges, avec les exigences minimales (liste des informations confidentielles, durée, pénalités).
Poser la clause de non-sollicitation croisée
Certains dirigeants demandent à ce que l’agence ne travaille pas simultanément pour un concurrent direct. Cette clause de non-sollicitation croisée est légitime, mais elle a un coût. Elle prive l’agence d’une clientèle potentielle sur votre secteur. Elle majore donc souvent le tarif.
Si vous estimez que cette exclusivité est nécessaire, il vaut mieux la poser dans le cahier des charges. Sinon, elle peut être remplacée par une clause plus souple. L’agence s’engage à informer le dirigeant si elle prend en charge un concurrent, et à garantir que les équipes éditoriales ne sont pas partagées entre les deux comptes.
Prévoir la clause de réversibilité
La fin d’un contrat se prépare au début. Si vous décidez de quitter l’agence au bout de 12 mois, comment récupérez-vous les livrables ? Calendrier éditorial. Ligne éditoriale formalisée. Contenus non publiés en stock. Accès aux dashboards de reporting.
Une clause de réversibilité prévoit qu’à la fin du contrat, l’agence transfère tous ces éléments dans un format exploitable (Notion export, PDF, Google Drive), dans un délai de 15 à 30 jours. Sans cette clause, le dirigeant peut se retrouver à repartir de zéro le jour où il change d’agence.
9. Modèle complet à copier-coller (prêt à envoyer)
Voici le modèle complet de cahier des charges agence LinkedIn. Vous pouvez le copier-coller dans un document Word ou Notion, remplir chaque section avec vos informations, et l’envoyer aux agences que vous consultez. Le document final doit faire 3 à 5 pages.
Cahier des charges – Accompagnement LinkedIn
Entreprise : [Nom de la société] Contact : [Prénom NOM, fonction, mail, téléphone] Date d’envoi : [jj/mm/aaaa] Date limite de réponse : [jj/mm/aaaa]
1. Contexte business et enjeux
Présentation de l’entreprise : [secteur, taille, zone géographique, ancienneté, clients finaux, chiffre d’affaires ou effectif approximatif].
Pourquoi LinkedIn maintenant : [déclencheur précis, actualité business, nouveau produit, recrutement, levée de fonds, positionnement personnel].
Présence LinkedIn actuelle : [profil à jour ou non, fréquence de publication actuelle, résultats approximatifs, expériences passées avec agences ou freelances].
Contraintes non négociables : [confidentialité, sujets interdits, validation juridique si applicable, mentions de concurrents ou partenaires].
2. Objectifs mesurables et cible
Objectifs primaires sur 12 mois : – [Objectif 1 avec cible chiffrée] – [Objectif 2 avec cible chiffrée] – [Objectif 3 avec cible chiffrée, optionnel]
Objectifs secondaires acceptés : [liste courte].
Cible prioritaire : – Sectoriel : [secteur, taille d’entreprise, zone géographique] – Fonctionnel : [fonctions visées dans les entreprises cibles] – Nominatif : [liste de 20 à 50 comptes stratégiques, en pièce jointe]
3. Périmètre et livrables attendus
Volume mensuel souhaité : [nombre total de posts par mois].
Répartition des formats : – Posts texte : [nombre par mois] – Carrousels : [nombre par mois] – Autres formats : [vidéo, sondage, autre]
Livrables annexes attendus : – Optimisation du profil au démarrage : [oui / non] – Ligne éditoriale formalisée : [oui / non] – Calendrier éditorial trimestriel : [oui / non] – Gestion des commentaires et messages entrants : [oui / non]
Workflow de captation : [interviews, vocaux, questionnaires, mixte] à une fréquence de [hebdomadaire, bimensuelle, mensuelle].
Workflow de validation : via [Notion, Trello, Google Sheets, mail, autre].
Hors périmètre explicite : [éléments qui ne doivent pas figurer dans la proposition].
4. KPI, reporting et cadence
KPI de suivi obligatoires : – [KPI 1, exemple : nombre de messages privés entrants qualifiés] – [KPI 2, exemple : prospects stratégiques ayant interagi] – [KPI 3, exemple : rendez-vous générés depuis LinkedIn] – [KPI de vanité complémentaires : vues, likes, abonnés]
Cadence de reporting : [mensuel, trimestriel, hebdomadaire].
Format de reporting : [PDF, dashboard Looker Studio ou Metricool, visio commentée].
Points de bilan stratégique : à 3 mois, 6 mois et 12 mois.
Engagements de moyens attendus : [nombre de posts publiés, délai de validation garanti, interview hebdomadaire assurée, reporting livré avant le 10 du mois].
5. Budget, modalités et calendrier
Budget cible : [fourchette en euros HT par mois].
Modalités de paiement souhaitées : [mensuel, trimestriel, annuel, avec ou sans acompte].
Calendrier de la consultation : – Envoi du brief : [date] – Date limite de réponse : [date] – Rendez-vous de présentation : [fourchette de dates] – Décision finale : [date] – Démarrage souhaité : [date]
Durée initiale du contrat envisagée : [3, 6, 12 ou 24 mois].
6. Critères de sélection de l’agence
Critères d’évaluation et pondération : – Compréhension du secteur : [pourcentage ou coefficient] – Méthode de captation de la voix : [pourcentage] – Qualité des références clients : [pourcentage] – Séniorité de l’équipe : [pourcentage] – Format et qualité du reporting : [pourcentage] – Transparence tarifaire : [pourcentage] – Clarté des clauses contractuelles : [pourcentage] – Feeling humain au rendez-vous : [pourcentage]
Exigences en matière de références : [deux références actives acceptant un contact, trois exemples dans un secteur proche, un rapport de performance anonymisé].
7. Contrat et clauses sensibles
Durée initiale : [12 mois recommandés] avec bilan à 6 mois et tacite reconduction annuelle.
Conditions de sortie : préavis de [30 jours] en cas de manquement caractérisé, préavis de [2 à 3 mois] pour une sortie sans motif.
Propriété intellectuelle : les contenus publiés appartiennent au client. L’agence s’interdit de les réutiliser sans accord écrit.
Confidentialité : clause couvrant toutes les informations recueillies pendant la mission, pour la durée du contrat plus [3 à 5 ans].
Non-sollicitation concurrentielle : [exclusivité sectorielle demandée ou non, conditions précises].
Réversibilité : en fin de contrat, l’agence transfère tous les livrables (calendrier, ligne éditoriale, contenus en stock, accès aux dashboards) dans un délai de [15 à 30 jours].
Éléments attendus dans la proposition de l’agence
– Réponse point par point à chaque section du cahier des charges. – Proposition financière détaillée avec ventilation par livrable. – Plan de démarrage sur les 6 premières semaines. – Deux références clients actifs avec accord de contact. – CV ou présentation des personnes qui travailleront au quotidien sur le compte. – Exemples de livrables anonymisés (post, carrousel, reporting).
Vous pouvez personnaliser ce modèle en fonction de votre secteur et de votre niveau de maturité LinkedIn. Les agences sérieuses y répondront dans un délai de 2 à 3 semaines. Celles qui éludent certaines sections ou qui renvoient des propositions génériques sans couvrir le brief point par point se disqualifient d’elles-mêmes.